Recherches effectuées à partir des archives d'internet et de la Maison du Patrimoine.
Géographie
Vittel est située à environ 40 km à l'ouest de la préfecture Épinal, dans l'arrondissement de Neufchâteau.
Desservie par l'autoroute A31, Vittel est réputée pour ses eaux et ses cures thermales. Elle est traversée par un affluent du Vair, le Petit Vair.
Histoire
Quelques silex, tumuli, mardelles (margelles) et autres vestiges préhistoriques de l'époque taillée et polie, recueillis sur les pentes de Lima, à Gérémoy et dans le centre même de Vittel,
montrent que les bords du Vair ont été habités à l'époque néolithique. Des fragments de vases profondément enfouis, trouvés en creusant le puits de la maison Collot, permettent d'affirmer aussi
que les Gaulois y ont campé.
Les Romains y ont laissé des traces plus nombreuses et plus importantes;
un petit temple près de la Source Salée, un hypocauste à Gérémoy, une colonnade au centre même du bourg, attestant qu'à l'époque gallo-romaine il y avait là un établissement important, domaine
rural, pour les uns (docteur Fournier), établissement public, pour les autres ( abbé Pierrefitte ) Aux pieds des deux points stratégiques que sont Montfort au nord-est, Châtillon (castellum) au
sud-ouest, tous deux couronnés de forêts, qui commandent la région, étaient la ville de Ségène et le Vicus de Vittel.
Plusieurs voies romaines,
dont on voit encore les vestiges en certains points, témoignent que l'un et l'autre ont dû être des centres importants à cette époque. Il est intéressant de constater que Vittel paraît de plus en
plus avoir été considéré déjà à ce moment comme une ville d'eaux médicinales.
Quelques vestiges retrouvés par hasard, au cours de fouilles faites pour l'établissement de fondations d'immeubles, le forage de puits ou le captage des sources, témoignent, sans conteste, que
celles-ci étaient connues, appréciées et fréquentées par les Romains.
C'est surtout aux alentours de la Source Salée (Source Hépar actuelle) qu'on a découvert le plus grand nombre, et parmi eux les plus importants. Un petit temple s'élevait certainement à quelques
pas de son griffon. Il en restait des traces et des débris intéressants encore, en 1836, époque où ils ont été détruits ou dispersés lors du défrichement de la forêt, au milieu de laquelle se
trouvait la source.
C'était un bâtiment carré avec colonnade sur la façade principale. Les colonnes, dont des fragments existent encore, étaient légères et mesuraient 20 centimètres de diamètre. L'un de ces
fragments, assez important, propriété de la Société, représente une femme nue, avec la jambe droite fléchie, l'avant-bras droit fléchi sur le bras, qui pend le long du corps.
La mutilation de cette statue, dont la nudité a sans doute été le motif, l'a privée de la tête, du haut du corps et des pieds. Une pierre triangulaire, conservée au Musée d'Epinal, pierre de grès
infra-liasique, dune facture assez primitive, porte l'inscription suivante: « Mon rinurecianne vim. ..tilix ». Une tête de femme surmontée, coiffée en quelque sorte, d'un corps de phoque ou de
lamantin descendant sur les épaules, semble avoir été un ornement placé sur un socle, à l'entrée du temple. Une tête de cheval, bien conservée; des débris de colonnes; une pierre de grès sur
laquelle on lit: « Var » ; un scramasaxe (grand poignard de guerre des Francs), sont conservés à l'Etablissement.
Beaucoup d'autres débris du Temple ont été employés comme pierres de taille dans les constructions de Vittel. On en a retrouvé un certain nombre à l'occasion de réfections ou de démolitions. Les
plus importants ont été employés surtout comme montants ou entablement de fenêtres. Lors des fouilles faîtes à Gérémoy, pour le captage de la Grande Source et des sources voisines, ou pour
l'établissement des fondations des hôtels et des bâtiments des bains, on a trouvé de nombreuses fibules romaines, des médailles et plusieurs hypocauste ou fourneaux à briques, paraissant destinés
au chauffage de l'eau pour le bain ordinaire ou le bain de vapeur.
Ces découvertes autour des sources froides de Vittel sont d'autant plus intéressantes que les Romains, très amateurs de balnéation, n'ont guère laissé de traces d'installations balnéaires
qu'auprès des sources d'eaux minérales chaudes.
Au VIle siècle,
Vittel faisait partie du patrimoine de saint Romaric., qui Il en fit don au monastère de Remiremont. C'est ce qui explique comment pourquoi les hospices de Remiremont étaient propriétaires de
nombreux terrains acquis pour constituer le domaine de l'établissement actuel.
Le Duc de Lorraine, en qualité de voué de l'abbaye, jouissait d'une partie des territoires concédés, ce qui plus tard amena le partage de la souveraineté qui divisera Vittel en deux seigneuries
ou « bans »., On trouvera d’une part, sur la rive gauche du Vair, le « grand bans » relevant du Chapitre (sur la rive gauche du Vair) et sur la rive droite, le « petit ban », sur la rive droite,
appartenant aux ducs de Lorraine.
Telle était la situation au XI éme siècle quand l'évêché de Toul se constituait avec ses cadres définitifs, calqués sur ceux de l'administration civile. Vittel fut sera érigé en archidiaconé,
comportant 170 paroisses réparties en 5 doyennés : Bourmont, Neufchâteau, Châtenois, Saint-Ouen et Vittel. Ce dernier comprenait à lui seul les doyennés actuels de Darney, Monthureux-sur-Saône,
Lamarche et Bulgnéville.
Plus tard, se laissant distancer par ses rivaux, il subit divers empiétements, ceux des sires de Darney en particulier, jusqu'au jour où l'un d'eux Aubert, pris de remords, rendit au chapitre
tout ce qu'il possédait à Vittel, « tous les édifices que sa mère y a élevés, tant meubles qu'immeubles » Six ans plus tard, Wiard de Deuilly, son parent, faisant son testament au camp de
Damiette, suivait son exemple. « Voulant réparer les grands dommages par lui causés au chapitre de Remiremont, lui fait donation de la moitié de tous ses biens qu'il possède à Vittel. »
En 1269,
le duc de Lorraine affranchit Montfort et bientôt après le ‘« petit ban »’. Peu après, vers 1270, le chapitre, de son côté, affranchit le «‘ grand ban ’», mais, quelques années plus tard, la
seigneurie du petit ban change de maîtres, et en 1291, Ferri III échange avec Jehan de Rosières tout ce qu'il possède à Montfort, Lignéville, Vittel et Domjulien, contre les Salines de
Rosières.
Dès ce moment, c'est une lutte sans merci s’engage entre le grand et le petit ban. Cette lutte qui se prolonge pendant cinq siècles, à la fin desquels les seigneurs de Lignéville ont absorbé, en
partie, les droits et privilèges du chapitre sur le grand ban et paralysé ainsi l'expansion de Vittel, qui ne reprend sa place qu'à la fin du XIX éme siècle. Les deux grandes seigneuries étaient
bien délimitées, séparées par le ruisseau « le petit Vair », sur la rive gauche le grand ban, celle du chapitre; sur la rive droite le petit ban, celle des sires de Lignéville.
Elles constituaient deux communautés distinctes avec deux mairies, deux paroisses, deux curés, comme deux seigneurs principaux. Mais Cet état de faite fit naître un problème de taille, bien que
l’autorité seigneuriale suive les sujets à qui lui sont ils sont soumis, où qu'ils se trouvent.,
La proximité des deux communautés amène, il y a par le fait de mariages entre habitants du grand et du petit ban, un enchevêtrement de personnes et de propriétés qui entraîne de nombreux conflits
au cours de cette longue période.
Le chapitre de Remiremont est puissant, mais il est bien éloigné pour défendre ses sujets et ses intérêts, tandis que les sires de Lignéville, très puissants aussi et pour ainsi dire sur place,
ont à ce point de vue tous les avantages.
En 1335 et 1369,
les habitants du grand ban, excédés, vont porter leurs doléances à Remiremont contre Joffroy de Rosières d'abord, père de Jehan des Noyers devenu par son mariage avec Jehanne de la Fauche, veuve
du duc de Bauffremont, seigneur en partie de Lignéville.
Pour en finir, il est fait, en 1472, une déclaration authentique des droits des sujets du chapitre. Une constitution très libérale leur est octroyée, laissant à la commune son autonomie, avec son
maire, ses grands hommes (prud'hommes), son plaid local annuel, qui se tient sous la présidence du chancelier du chapitre et ses assises, où tout le ban est convoqué quand il s'agit d'affaires
capitales.
Sous ce régime libéral, qui favorise l'instruction et l'agriculture, il n'est presque pas d 'habitants qui ne sachent pas écrire et qui ne possède pas un peu de terre. La propriété y est ainsi
très morcelée. Il y à a très peu de domaines d'une assez grande étendue. La population décimée par la guerre de 30 ans, qui avait réduit la population de Vittel à 300 âmes environ en 1660, en
compte environ 500 vers 1705.
Elle reste essentiellement agricole et partiellement viticole. La vie y est franchement familiale et intime. Bourgeois, marchands et ouvriers semblent n'y former qu'une grande famille. On ne se
rencontre pas dans la rue sans se « récrier » et nulle misère n'y reste sans secours.
La révolution, en supprimant l'archidiaconé, décapite Vittel, qui devient dès lors un simple chef-lieu de canton, d'autant plus modeste que Lignéville et Valfroicourt sont en même temps érigés
eux aussi en chefs-lieux de canton, sauf à être bientôt, en 1802, privés de ce titre et placés comme communes dans le canton de Vittel.
Vittel, dès lors, reprend une certaine importance, mais devient du même coup l'objet de jalousies à manifestations parfois violentes des bourgs voisins en particulier.
Dès 1832,
et bien souvent depuis, Remoncourt cherche à se substituer à Vittel comme chef-lieu de canton. Tout est mis en œuvre pour le détrôner, et ce n'est vraiment que depuis l'essor que lui a donné la
création et surtout le développement de son établissement hydrominéral que son sort est définitivement assuré.
Mais, chose à remarquer, la rivalité entre les deux paroisses du grand et du petit ban est plus vive encore que celle existant entre Vittel et les villages voisins. Supprimés en droit lors du
concordat, les deux paroisses subsistent en fait jusqu'au milieu du XIXme siècle.
L’abbé NOEL, seul directeur des deux communauté, s'attache à les fusionner sans y réussir. Quarante40 ans d'efforts ininterrompus et d'une autorité qui plusieurs fois porte ombrage au conseil
municipal, donnent à celui-ci l'occasion de critiques sévères plus ou moins justifiées, ne porteront pas leurs fruits.
Après lui l'abbé Chiapat, nommé curé de Vittel, poursuit l’œuvre de son prédécesseur sans grand succès non plus malgré la popularité et l'ascendant que lui vaut sa belle et courageuse conduite
pendant l'épidémie de choléra de 1854. Avec l'assistance de sœur Charité et de sœur Emile, il soigne, secourt, encourage tous les malades, ensevelit les morts et soutiennent les familles.
La population, par son estime, lui en témoigne son admiration et sa reconnaissance, mais elle ne cède pas à ses objurgations de fusion entre les deux paroisses. Chacune veut conserver son
autonomie, avoir ses offices, etc.; etc. Le cimetière est pourtant devenu commun, celui du petit ban subsiste. : on en reconstruit le mur en 1869, mais on n'enterre plus autour des églises depuis
le choléra. Usant alors d'un stratagème, l'abbé Chiapat décide que les deux églises devront, obligatoirement, vu leur état de vétusté, être réparées et que les offices seront célébrés
provisoirement dans l'une d'elles seulement pendant la durée des réparations de l'autre.
l commence par l'église du petit ban et, après deux ans de travaux de remise en état, les poursuit à l'église de grand ban, tandis que les offices sont célébrés uniquement dans celle-ci d'abord,
dans celle-là ensuite. Après quatre ans de fusion obligée par cet état de chose, l'habitude est prise de se rendre à l'une ou à l'autre des deux églises, ce que chacun fait dès lors, à de rares
exceptions près, suivant les convenances, I 'heure des offices n'étant pas forcément la même dans les deux puisqu'elles ont les même desservants.
L’Église du grand ban (la grande église), réparée et agrandie par l'adjonction d'un porche, devient finalement l'église paroissiale. ,C’est dans cet édifice où qu’ont lieu les grandes cérémonies,
les mariages et les enterrements, du petit ban comme du grand ban. Dès lors, de même les deux collectivités ne forment qu'une même commune, elles ne forment effectivement qu'une même
paroisse.
Au cours de la deuxième période,
deux siècles environ après la guerre de 30 ans qui avait porté à Vittel un coup si rude qu'il avait encore grand peine à s'en relever, trois fléaux viennent s'abattre sur la ville et la commune
en portant de nouveaux coups à sa population, à sa prospérité, à son développement.
Ce sont, en remontant au-delà du XIX éme siècle, les invasions, un débordement considérable et subit de la rivière qui ravage tout, et les épidémies de choléra. Nous retrouvons à leur sujet, dans
les archives municipales, le témoignage des dommages causés par les invasions de 1814 et 1815 et des intéressantes dispositions prises pour indemniser équitablement les victimes.
Le 17 mars 1814, le conseil se réunit pour nommer un «jury d'équité », composé du maire, de deux conseillers, et de deux habitants choisis « comme les plus distingués par leurs qualités et leurs
connaissances » pour « procéder à l'évaluation des denrées de toute nature dont la commune a été frappée de réquisition » ; avoine, paille, bois, vaches, volailles sont mentionnées. Ce sont: le
15 janvier, 5 paires de bottes et 110 paires de souliers, blé, avoine, foin ; le 21, 2 chevaux, 2 bœufs, 46 aunes de draps, 280 de toile et 120 de grise, des sacs, futailles, fers à cheval; le
24, 4 chevaux et 2 chars à bancs, avoine et foin; le 8 février, bois et sacs. Peu après, c'est aux armées de l'Empire qu'il faut fournir des denrées et des transports.
La répartition des réquisitions est faite proportionnellement aux contributions. A la séance extraordinaire de septembre 1815, le maire lit la déclaration suivante : « Le 25 juillet dernier, vers
les 9 heures du soir, il arrive en mon domicile une avant-garde de troupes alliées qui fut suivie tout à coup d'une division de 14 à 1500 hommes qui campent tant dans l'intérieur de cette commune
que hors de son enceinte, mais tous à proximité; que cette foule considérable d'hommes effraye tellement les habitants de Vittel que la plupart s'enfuient et que, faute d'avoir été prévenu, je
n'avais pu m'approvisionner et que, dès lors, je dus frapper de réquisitions les communes voisines, mais avant qu'elles fussent arrivées, cette troupe, qui éprouvait sans doute des besoins,
s'abandonne dans la commune et y enlève les subsistances de toute nature pour les porter à leur camp. »
La dévastation chez les habitants fut tellement grande que tous éprouvèrent des pertes considérables. « Le 27 du même mois, une colonne mobile de 14 à 1500 hommes vient encore séjourner à Vittel
pendant plusieurs jours, puis elle continue sa marche et revient quelques jours après et séjourne encore.
Elle cause ainsi des dépenses considérables aux habitants de Vittel. » Devant le nombre et l'importance des réclamations d'indemnité et l'état de précarité des finances communales, il est décidé,
le 10 juillet 1816, que le conseil ne pourra faire droit à toutes les réclamations des habitants plus ou moins pillés par les troupes et ne pourra procurer le remboursement et le paiement aux
intéressés de ce qui a été réquisitionné par le maire pour fournitures aux troupes des puissances alliées. La pénurie la plus complète de tout ce qui est nécessaire à la vie, et par-là même une
grande misère, succèdent à l'invasion.
Il n 'y a plus de bois; tous les approvisionnements ont été dérobés. Les habitants vont alors dans la forêt, avec une vingtaine de manœuvres pour procéder à l'abattage des vieux arbres qui
dépérissent; le garde forestier et le garde général tentent de s'y opposer et constatent le délit, n'admettant pas le cas de force majeure qui leur est opposé et ils poursuivent la commune. C
elle-ci décide de passer outre et de se défendre. En 1817, le blé atteint des prix exorbitants, le conseil proteste contre la spéculation, sur cette denrée de première nécessité particulièrement,
qui rend la vie trop chère à tous, impossible à beaucoup. Il donne alors du travail aux habitants en faisant remettre en état les chemins vicinaux défoncés et « rendus impraticables par le
passage des troupes alliées et surtout par celui de leur innombrable artillerie » et il demande l'autorisation de disposer des chênes de la coupe affouagère de 1817 pour être vendus sur-le-champ
aux plus forts enchérisseurs et d'employer le bénéfice à salarier les journaliers réparant les chemins. Il compte sur un produit de 1.500 francs environ, qui permettra de leur donner du pain
comme salaire jusqu'à la moisson.
Le maire et l'adjoint se rendent au domicile de tous ceux qui possèdent pour leur demander de céder à prix très modéré leur superflu, de grain en particulier, pour les pauvres. La misère de
ceux-ci est à son comble; l'humanité et le souci de la tranquillité publique font un devoir de leur venir en aide. Le Ier mai, il est pour cela décidé qu'un emprunt de 3.000 francs sera contracté
pour être employé à l'achat de farine (à Gray) qui sera distribué aux indigents à un prix très modique, le déficit devant être couvert par souscription volontaire des habitants plus privilégiés.
Le 3 mai, une décision est prise précisant les obligations des meuniers au point de vue des poids et redevances: « même poids de farine et d'issues de grain, moins 1/24 pour droit de mouture et
1/90 pour évaporation résultant du moulage ».
En
1832, l'épidémie de choléra-morbus menaçant la région, le maire est autorisé à dépenser « 200 francs pour procurer des sangsues et du chlorure de chaux qui
seront remis aux sœurs hospitalières de Vittel, qui devront soigner ces sangsues et les tenir, ainsi que le chlorure de chaux, à la disposition des personnes qui seraient atteintes de choléra. »
Malgré cette précaution, bien illusoire il est vrai, et cette prévoyance, le choléra fait peu après de nombreuses victimes et augmente la misère de la population, qui était à ce moment remontée à
1.400 habitants. Le blé est rare et très cher; un emprunt de 3.000 francs, pour en acheter ainsi que des farines, grâce à un billet souscrit par tous les conseillers municipaux, est réalisé et
des distributions à très bas prix en sont faites aux indigents. .
En 1841,
alors que toutes les ressources et le produit des quarts en réserve venaient d'être absorbés par l'acquisition de la maison de cure, la constitution d'une maison commune et d'un nouveau cimetière
en dehors du bourg, la réparation des chemins vicinaux et autres dépenses de très urgente utilité, « Vittel disent les comptes rendus des séances du conseil, devint tout à coup victime d'un
terrible fléau.
Dans la nuit du 28 au 29 mai dernier, un épouvantable orage crève sur le territoire; les eaux débordées s'élèvent à 2 mètres au-dessus de leur niveau ordinaire et dépassent d'un mètre la hauteur
que, de mémoire d 'homme, elles n’avaient jamais atteint. Le torrent furieux emmène avec lui tous nos ponts de bois, le Pont Perrin, le pont Pâquis et le pont Thouvenin, sans compter bien
d'autres petits ponts (ce sont les passerelles), le massif en pierre qui les soutient est entraîné tout entier. Le grand pont, il est vrai, a pu résister, mais dans quel état il se trouve! De ses
deux piliers, un a disparu, l'autre est considérablement ébréché, les pierres de taille ont disparu, l'eau pénètre et mine les fondations. »
Au même moment, les murs des cimetières menacent ruine, il faut les réparer. Avec cela « rien dans la caisse communale » et point d'espoir dans les quarts en réserve, qui ne seront pas exploités
avant 18 ans. C'est encore, comme avant, comme après, au bois qu'on s'adresse. C'est le seul sauveteur à invoquer. Combien on doit alors regretter d'avoir déjà tant défriché, car, on le sait, il
est en même temps que le grand régulateur du régime des pluies et des cours d'eau, le capital de réserve dont la valeur s'accroît tous les jours, la suprême ressource toujours disponible en cas
de détresse.
On demande l'autorisation de prélever quelques gros arbres dans les coupes affouagères et on se voit forcé quand même de demander aussi le défrichement et la location de 4 hectares de quarts en
réserve en avant de la Croix Pierrot et de solliciter du gouvernement un secours extraordinaire.
En 1848,
l'insuffisance de ressources oblige la commune à demander l'autorisation de contracter un emprunt de 30.000 francs gagé sur le quart en réserve. En 1850, sa situation financière est tout aussi
misérable si on en juge par les considérants suivants qu'on retrouve dans le compte rendu de la séance du 17 juin « considérant que la commune de Vittel n'a aucune ressources, qu'elle ne peut
subvenir à ses dépenses les plus obligatoires, que la fabrique elle-même est obligée de venir à son secours. .. » En 1853, la misère y est toujours grande; on en trouve la preuve dans les
archives communales.
A la date du 12 décembre, il y est dit: « Le conseil considérant que la cherté des grains aggrave la position d'un grand nombre d'ouvriers indigents à qui il importe de donner du travail et
par-là des ressources, vote cinq centimes supplémentaires sur les contributions de la commune pour les faire travailler aux chemins vicinaux et aux rues et demande l'autorisation de vente du
quart en réserve » ; et, plus loin: « que la commune de Vittel est toujours dans une détresse plus grande et la somme de ses dettes augmente chaque année et qu'enfin il est temps de construire le
pont dans l'intérieur de la commune ».
En 1854,
survient le choléra qui faisant en 13 jours; du 17 juillet au 1er août, 120 victimes, réduit sa population, de 1.410 lors du dernier recensement de 1851, à un peu moins de 1.300 et, avec les
deuils, entraîne de nouvelles misères. C'est dans cette situation très précaire que se trouve Vittel lors de l'acquisition, en 1854, d'une fontaine située dans un pré au lieu-dit ' Gérémoy ' par
Louis Bouloumiè, successivement avocat, magistrat, condamné politique puis déportés en Espagne. Le premier établissement hydrothermal de Vittel sera autorisé par le gouvernement en 1855.
Le premier établissement de bains apparaît en 1856. De taille modeste, il ne comprend que 3 cabines de bains, une salle de douches et les cabinets accessoires au rez-de-chaussée ; à l'étage, on
trouve 3 petites pièces servant de débarras et une quatrième utilisé par le doucheur ou la doucheuse.
En 1857,
deux pavillons sont érigés pour les sources Marie et des Demoiselles. À partir de cette période la ville de VITTEL connaîtra un développement économique et social très important.
De mai 1941 à septembre 1944, un « camp d'accueil » instauré par l'occupant nazi rassemble plusieurs milliers de Britanniques et d’Américains, tous civils, destinés à servir de monnaie d'échange.
Vittel est libéré par la division Leclerc le 12 septembre 1944.
Un encart de « réclame » en 1905
Patrimoine
▪ L'église Saint-Remy, dont la nef et les bas-côtés datent des XVe et XVIe siècles.
▪ L'église Saint-Privat, érigée avant le XVIe siècle, à une date inconnue.
▪ La chapelle Saint-Louis, érigée à partir de 1910 et dénommée en mémoire de Louis Bouloumié, fondateur de la station thermale.
Économie
▪ Thermalisme : très axée sur des activités sportives, Vittel, confinée jadis dans le traitement des problèmes rénaux et hépatiques, a connu le début d'un renouveau avec l'implantation du Club
Méditerranée en 1968. Le lancement du "passeport forme" a confirmé son nouvel envol.
Tourisme.
Vittel est également la marque d'eau minérale commercialisée dans le monde entier. Elle fait partie du groupe Nestlé depuis 1992.
Jumelage
Vittel est jumelée avec :
▪ Badenweiler (en Allemagne) depuis le 21 juillet 1957.
Démographie
Évolution démographique
1877 1326
1962 5012
1968 6343
1975 6791
1982 6440
1990 6296
1999 6117
Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes
Personnalités célèbres
▪ Claude Bassot, peintre religieux, né à Vittel vers 1580 (son père, Mengin Bassot, fut le maire de Vittel en 1567)
▪ Darry Cowl, musicien et comédien né à Vittel le 27 août 1925.
▪ Robert Hossein, citoyen d'honneur de la ville de Vittel
L'histoire de la station thermale vous intéresse !
L'histoire de la famille Bouloumié aussi !
Alors n'hésitez plus, votre visite à La Maison du Patrimoine est indispensable. Retrouvez les étonnantes machines qu'utilisaient les curistes de la belle époque. Salle d'exposition de matériel,
de photos et d'objets liés à la période faste de la station thermale et plus encore. Nous vous accueillerons avec plaisir dans notre salle d’exposition de la
Maison
du Patrimoine rue Charles Garnier à Vittel.
Ps: Il y a certainement des faits quelques peu déformés par la romance populaire mais seul l'histoire peut le dire.
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